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    Je suis Bourgeon de Lilas, guérisseuse de la Tribu de l'Eclair. Pourtant, je ne suis pas née dans la forêt. Non, je viens de la ville, là où vivent les Sans-Queues. J'ai grandie parmi eux avec mes deux frères, Gribouille et Racaille, jusqu'à ce qu'on nous sépare pour nous emmener chez d'autres Sans-Queues. Je perdis alors Gribouille de vue. Les maîtres de Racaille habitaient à quelques pas de ma nouvelle maison. On se voyait toujours. En revanche je me souviens à peine de ma mère. Parfois quand je dors je me met à rêver de lorsque j'étais chatonne. Je sens encore vaguement son odeur mais je ne la voie pas, elle reste une forme floutée à mes yeux. Au fond peut importe, elle nous a abandonnés.

    Finalement, vers l'âge de mes huit lunes, Fleur de Cerisier arriva chez moi. Elle s'était blessée et mes Sans-Queues l'avait recueillie. Je ne connaissait alors rien des tribus de félins sauvages qui peuplaient la forêt. Elle m'appris leur existence et je me dit alors que tout mes rêves d'aventures pourraient devenirs réalités et j'alla alors avec elle. J'intégra alors la Tribu de l'Eclair en temps que apprentie guerrière. Plume Dorée fut mon mentor et j'appris beaucoup avec elle. Mais finalement ma venue dans la forêt ne fut pas un hasard, une prophétie me concernait. Selon elle je devait sauver les tribus. Elle devint réalité une nuit d'Assemblée lorsqu'un loup attaqua les tribus. Il tua de nombreux félins. Il s'attaqua alors à Patte de Terre, un apprenti avec qui j'étais vite devenue amie, amie proche. Dans un accès de colère, mon sang ne fit qu'un tour et mes pattes se mirent à bouger seules. Je percuta le flanc du monstre qui tomba à l'eau et se noya. Prophétie accomplie! Patte de Terre était sauf, juste quelques égratignures. Mais je venais de tuer un loup, je venais de tuer autre chose qu'une proie. Je tuais pour protéger. Je compris alors que être une guerrière n'était pas seulement chasser et combattre, mais aussi tuer les autres pour sauver ceux que j'aime. En tuant cette louve, j'avais sentit une odeur sur elle. Celle du lait. Cette louve avait des petits, des petits que je venais également de tuer car ils ne survivraient pas sans leur mère. Ils mourraient de faim pendant des jours, jusqu'à ce qu'ils meurent également. Et c'était ce que faisait une guerrière, en tuant ses ennemis tub lesses de nombreux autres personnes. Je refusais cela. En rentrant, Ciel Gris voulu me faire guerrière mais je refusa, si être une guerrière était cela, je préférait soigner les autres. Je demanda donc à être apprentie guérisseuse.

    Aujourd'hui me voilà, prenant soin de mes compagnons, des petits comme des plus vieux, apprenant aux côtés de Fleur de Cerisier, mon mentor. J'ai Pelage de Terre à mes côtés, j'ai même donné naissance à deux adorables chatons : Petite Boue et Petit Cèdre. Petite Boue est une magnifique femelle beige tacheté de brun et de roux au fort caractère et à la volonté d'aider les autres. Elle a de l'ambition et je la vois bien devenir l'une des meilleures guerrières que la Tribu n'ait jamais connue. Quant à Petit Cèdre, c'est un grand chaton au pelage crème, aux pattes,le bout de la queue, les oreilles, le museau et le ventre brun sombre. Il ressemble à un ancien ami chat domestique que je connaissait avant du nom de Chocolat.  Il est aussi loyal et fort que l'était cet ami. Il a aussi les plus beaux yeux verts que je connaisse. Ils seront tout deux de grands guerriers comme leur père, je n'en doute pas. Etant guérisseuse, Lune de Feu les élèvent avec l'aide des autres reines. Mais je reste très présente, durant leurs deux premières lunes je suis restée avec eux et maintenant dès que je peux, ils viennent m'aider dans l'antre de Fleur de Cerisier.

    Finalement me voici, une apprentie guérisseuse de la Tribu de l'Eclair. Mais je n'en oublie pas moins mes origines... Du moins, mes frères, Racaille et Gribouille, ma seule famille. Bien que Pelage de Terre et les chatons soient aussi ma famille, je ne sais rien de mes racines, je ne connais que mes frères. Mais ce n'est pas assez, j'ai toujours en moi ce désire ardent de savoir qui étaient mes parents et pourquoi ils nous ont abandonnés mes frères et moi. Je ne me souviens que très vaguement de ma mère, mais rien à part une forme grise.  Mais bon, à quoi bon remuer le passé, je suis à présent dans la forêt, loin des Sans-Queues et je ne saurais jamais rien de mes origines, je dois m'y résigner.

     

    Je suis aujourd'hui partie chercher des herbes de l'autre côté du fleuve, non loin de la ville. Et au loin de ça je ressasse le passé! Je devrais plutôt me concentrer à chercher de la bourrache pour la fièvre de Petite Perle! Malgré mes efforts, mes pattes me portèrent hors de la forêt, près de la ville. Je décida donc d'aller voir mon frère Racaille. Je ne lui avait pas parlé depuis des lunes! Il ne sait même pas que j'ai eu des chatons! Je marcha donc le long du petit Chemin Grondant, et remonta l'allée jusqu'à sa maison. Lestement, je bondis sur la clôture et me laissa tomber de l'autre côté dans l'herbe rase et piquante. Pourquoi les Sans-Queue coupaient-ils l'herbe? C'est insupportable de marcher dessus! Grimaçant, je m'approcha de la chatière. Les Sans-Queue de Racaille étaient gentils, ils me laissaient rentrer et quelques fois me donnaient un peu de lait. Mais je me fichais bien de la nourriture, je voulais seulement voir Racaille.

    Après mettre faufilée dans la maison, je me dirigea vers la porte qui permettait de rejoindre le panier de Racaille où il dormait la plupart du temps. Elle était fermée, je lança un petit miaulement suppliant et entendit un pas lourd se diriger vers la porte. Celle-ci s'ouvrit. Mais le Sans-Queue qui ouvrit n'était pas le même qu'avant. Il cria des mots que je ne comprit pas. Cependant, lorsqu'il voulut m''attraper je comprit que je devait partir.  Je m''élança vers la chatière et courut se cacher sous un buisson. Le Sans-Queue ne me suivit pas. Rassurée, je remit en ordre sa douce fourrure. Pourquoi se Sans-Queue avait-il réagit comme ça? D'habitude, en la voyant, tous les Sans-Queue se montraient gentil et admiraient sa beauté. je m'arrêta, une patte en l'air. J'était une chatte sauvage maintenant, et j'effrayait les Sans-Queue avec sa fourrure zébrai de cicatrices et de trous. je soupira. Peu lui importait, ce qui comptait c'est où était mon frère. Si je ne pouvait pas renter, j'allais attendre qu'il sorte. Je voulait lui parler de notre mère, voir s'il se rappelait quelque chose. Je m'allongea donc, les pattes repliées sous moi et attendit.

    Le crépuscule tombait déjà et Racaille n'avait pas montré signe de vie. Je  soupira. Il fallait que je rentre au camp avant qu'on ne s'inquiète de mon absence. Je sortit donc du jardin et allait repartir quand j'entendis quelqu'un murmurer : << Lilas! Attends! >>

    Personne ne m'avait appelée comme ça depuis des lunes et des lunes, même Racaille connaissait mon nouveau nom. Je me retourna et vit une chatte sauter du mur de la maison voisine. Elle était de petite taille mais semblait être déjà bien âgé. Ses petits yeux jaunes, son visage rond et sa longue fourrure me semblaient familier. Malgré sa beauté, on apercevait une grosse cicatrice zébrant son ventre et une de ses pattes semblait légèrement tordue. Sa queue était étonnamment petite et me rappelait celle d'un félin que j'avais connu autrefois. Celui-ci avait eu un accident avec un monstre et avait du se faire amputer la queue. Sans doute la même chose lui était arrivée.  Sa voix était douce et empreinte de chaleur.

    << Qui-es-tu? Comment connais tu mon nom? miaulai-je, déstabilisée par les événements.

    - Je me nomme Rose, et je suis ta mère.

    - Ma mère? C'est toi qui m'a abandonnée! feulai-je. Je ne savais plus quoi penser. Comment était-ce possible, ce ne pouvais pas être ma mère! Elle aurait vécue si près de moi tout ce temps, sans que je le sache?

    - Oui... Je suis désolée, la Tribu des Cieux te destinait à un destin autre que celui d'avoir une famille. Pardonne-moi, je n'aurais jamais due les écouter. susurra la petite chatte en baissant la tête.

    - La Tribu des Cieux? Tu connais la Tribu des Cieux? >>

    Rose ne répondit pas, elle me fit signe de la suivre et bondit à nouveau sur le mur, m'entraîna dans des buissons, jusqu'à un trou dans une clôture où elle se faufila. On arriva dans un autre buisson plus grand et creux où se tenait une petite litière d'herbe. Elle s'installa et je fis de même. C'est alors qu'elle me raconta qu'elle était avant la guérisseuse de la Tribu des Ténèbres sous le nom de Fleur de Nuit, qui était mon père, un beau guerrier du nom de Plume Sombre, comment j'étais née, et comment elle m'avait abandonnée. Qu'ensuite mon père était mort et comment un loup l'attaqua. Je songea alors avec frayeur que c'était sans doute le même loup que j'avais tué. Sans doute Rose s'était  approchée de la tanière de la bête et cette dernière était sortit défendre ses petits... Puis elle renonça à la forêt et devient chatte domestique sous le nom de Rose.

    Bien que son histoire était extrêmement triste, je n'éprouva pas de la pitié. Comment le pourrais-je alors qu'elle nous avait abandonnés? Je resta sans rien dire. C'est alors qu'elle me caressa l'épaule de sa queue coupée.

    << Je sais que tu m'en veux toujours. Et tu as raison, je ne mérite pas ton pardon. Laisse moi juste faire quelque chose pour toi. >> Elle plongea ses yeux dans les miens. << Racaille est partit, ses Sans-Queue l'ont mis dans un monstre et sont partis avec lui dedans. Il n'est jamais revenu depuis.  >>

    Je baissa la tête, je venait de perdre à jamais mon frère. Je le savais. Rose se leva, me demanda d'attendre et revient un peu plus tard avec quatre chatons d'environ 1 lune et demi je dirais. 3 mâles et une femelle. L'un des males étaient brun sombre aux pattes noirs, un autre noir et brun moucheté, le dernier brun clair tigré et la femelle avait une belle robe dorée tigrée.  Les petits se mirent à jouer, à explorer le buisson, à escalader les branches les plus basses, à celui qui sautait le plus haut...

    << Ce sont les tiens. reniflais-je.

    - Oui. Je sais ce que tu ressens, ça doit être compliqué pour toi...

    - Non, tu n'en sais rien. Qui est le père?

    - Il s'appelle Kookie, c'est un chat du voisinage. Je sais ce que tu vas dire - me coupa-t-elle alors que j'ouvrai la gueule pour parler - Non je n'ai pas oublié Plume Sombre, il restera toujours mon seul et unique amour, mes je me sentais seul et Kookie à sut être là et ces chatons sont une bénédiction.

    - Je voulais juste dire qu'ils étaient mignons.  me défendais-je, mal à l'aise.

    - Justement, j'ai une requête. Les Sans-Queue me les enlèveront dans peu de temps. Mais je veux choisir leur destin, pour une fois. Les trois mâles partiront avec leur père vivre dans les rues où je pourrais aller leur rendre visite. Mais la femelle te ressemble beaucoup. C'est une vraie petite guerrière comme toi quand tu étais chaton. >> Elle prit une grande inspiration et déglutit. << Emmène la avec toi dans la forêt et fais en une guerrière. Tu pourras sans doute demander à être son mentor et l'entraîner.  >>

    Je ne sus que dire. Je finis par miauler :

    << Je ne suis pas guerrière. Je suis apprentie guérisseuse. >>

    Étonnée, Rose eut un hoquet.  Elle me posa alors pleins de questions sur ma vie et je lui répondit alors.  A la fin de mon récit, la nuit n'allait pas tarder à tomber et un Sans-Queue sortit dans la jardin en criant le nom de ma mère.

    << Je dois y aller, sinon elle va s’inquiéter. Elle est très gentille avec nous. Venez, Fripouille, Tigrou  et Mowgli. >> Elle s'approcha de sa fille, lui murmura quelques mots à l'oreille et lui lécha le front avant de se tourner vers moi. << Prends bien soin d'elle. Et revenez nous voir parfois, j'ai déjà perdue une fille, et maintenant que je t'ai retrouvée, je ne veux pas vous perdre toutes les deux. >> Sur ses mots  elle partit rejoindre la Sans-Queue et rentra dans la maison. J

    e soupira, j'avais mes réponses, mais c'était beaucoup à avaler en une journée. Je prit la petite entre mes crocs et rejoignit le camp. Il était trop tard pour la bourrache. De toute façon, il nous en restait un peu et la fièvre guérissait souvent d'elle même.  Avant de renter, je passa avec la petite dans l'eau d'un petit ruisseau pour effacer l'odeur de Rose et des autres chatons. Je sécha vite la petite pour qu'elle n'attrape pas froid puis reprit mon chemin. Je ne savais pas ce que je dirais aux autres, sans doute qu'elle était un chaton abandonné dans les bois. Je ne pouvais pas tout leur expliquer, ils ne comprendraient pas, aux yeux de beaucoup j'étais juste une simple chatte domestique, et leur avouer que je retournai parfois voir les Sans-Queue, raviverait leur dégoût de moi.

    Le camp fut enfin là. J'inspira bien fort, déglutit, releva le menton et passa la tunnel de bruyère....

     

     

    Il aura tarder mais il est là!! :D

     


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